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L’allergie aux pollens de graminées

publié le 13/06/2018

Bien souvent, les patients allergiques, interrogés sur leurs allergies déjà connues, disent « je suis allergique aux pollens et aux graminées », ne sachant pas que les graminées ne sont allergisantes que parce qu’elles produisent des pollens.

Ils sont donc simplement allergiques aux pollens de graminées.

Les graminées ou poacées, sont très répandues et il en existe des centaines, dont la répartition géographique est variable. Les plus courantes sont dans notre pays, la dactyle, la phléole, le paturin, la flouve, la houque laineuse etc… ce sont des graminées dites fourragères, puisqu’elles constituent les herbes, qui fauchées, fourniront le fourrage pour les animaux. On les trouve partout : bords de chemins, pelouses, terrains vagues, stades etc..

Il existe également des graminées dites céréalières, dont le blé, l’orge etc… qui, elles fournissent des céréales, consommées à la fois par les animaux et les humains.

Ces pollens sont les plus fréquemment responsables des allergies saisonnières, encore appelées « rhume des foins ». Leur période de pollinisation s’étend en moyenne de mi-avril à mi-juillet, avec des variations géographiques et climatiques. Il peut y avoir, selon les années, une petite période de pollinisation en septembre.

Ces graminées produisent de très petits pollens qui sont véhiculés par le vent et qui provoquent les allergies respiratoires par leur inhalation.

Les symptômes sont bien connus des 5 millions de patients qui en souffrent chaque années en France : nez qui gratte, qui coule, qui se bouche, éternuements à répétition, yeux qui piquent, sont rouges, larmoyants. Tout ceci avec une fréquence et une intensité variables, mais ces symptômes peuvent être très invalidants entraînant une fatigue, des troubles du sommeil, un manque de concentration.

Ces troubles allergiques surviennent en périodes d’examens et sont très pénalisants pour les lycéens et les étudiants qui en souffrent.

Au delà de ces symptômes qui touchent le nez et les yeux, peuvent survenir des manifestations plus sévères : de la toux, des crises d’asthme au repos ou à l’effort.

D’année en année, les allergologues constatent une augmentation du nombre de patients touchés, mais également une durée plus longue de la période de gêne, et des symptômes qui tendent à être plus sévères avec également de multiples allergies à d’autres pollens, induisant des allergies parfois de février à octobre.

Les raisons sont certainement multiples : les modifications environnementales étant certainement le premier facteur : températures moyennes plus élevées, modification des grains de pollens par les divers polluants (gazeux et particulaires), politiques de plantations urbaines qui ne prennent pas en compte les espèces allergisantes, diminution de la biodiversité,  sont  quelques causes que l’on peut évoquer devant cette « épidémie » de maladies allergiques constatée depuis presque 30 ans.

Pour les personnes atteintes, faire un diagnostic est toujours utile, des traitements médicamenteux (anti-histaminiques, gouttes nasales, gouttes oculaires, traitement de l’asthme) permettent de limiter voire d’arrêter les symptômes. Si ces traitements s’avèrent insuffisants, une désensibilisation peut être proposée, il faut alors en parler avec l’allergologue.

Quelques astuces qui peuvent faciliter la vie des allergiques : ne pas sortir les jours de grand vent  très ensoleillés, éviter les ballades en campagne, éviter de tondre la pelouse, aérer son logement le matin tôt ou le soir tard, se laver les cheveux le soir avant le coucher, laver les vêtements quotidiennement, ne pas sécher le linge à l’extérieur.

Une allergie aux pollens de graminées peut vraiment gâcher la vie, mais il existe des solutions, ne vous en privez pas.

Dr. Isabelle Bossé, Présidente de l’ARCAA